Réalités de la science-fiction III
- Symposium
Quand est-ce que la science-fiction devient réelle ? Comment les artistes travaillent avec et sur l’Intelligence Artificielle ? Quelles formes de résistance peuvent être proposées par la science-fiction ? Que nous dit le cyberpunk des évolutions technologiques actuelles ?
Le temps d’un week-end, artistes, auteurs et autrices, chercheurs et chercheuses, abordent l’afrofuturisme, l’intelligence artificielle, et la science-fiction en tant que stratégie de résistance.
À une époque où les sociétés sont guidées par des technologies en rapide évolution, la troisième édition de Réalités de la science-fiction culminera par l’approfondissement de réflexions sur la construction d’univers et les avenirs possibles. En mettant l’accent sur les futurismes alternatifs et les formes d’imagination non hégémoniques, Réalités de la science-fiction III réunira des personnalités de diverses disciplines afin d’envisager des approches critiques des archétypes occidentaux de la science-fiction et la production de récits émancipateurs. L’ambiguïté et les complexités à plusieurs niveaux qui caractérisent les changements socio-technologiques seront également au centre de cet événement.
La domination croissante et les avancées rapides de l’intelligence artificielle dans les différents champs de l’expérience humaine revêtent une importance particulière. Du cyberpunk à la fiction climatique, de nombreux auteurs et autrices et praticiens et praticiennes de la culture ont proposé des formes de conscience parallèles à notre perception du monde. En réfléchissant à la nature et à l’évolution actuelles de l’intelligence artificielle, les conversations s’appuieront sur des exemples majeurs de la littérature de science-fiction, première à avoir imaginé les processus dans lesquels nous vivons aujourd’hui.
Au cœur de la science-fiction réside l’invention de modes alternatifs d’accès à la connaissance et à la conscience. Le colloque en abordera ainsi ses réalités, de l’histoire du psychédélisme aux expériences plus contemporaines dans les sciences et les arts.
Informations pratiques
Revivez les temps forts de l’événement !
Vendredi 15 décembre 2023
→ LA TOUR, NIVEAU 8
- 18h00 : Conversation
Avec Samuel R. Delany, auteur (visio) et Benjamin Thorel, critique d’art - 18h45 : Pause
Une offre de restauration sera disponible sur place durant la pause.
→ LA TOUR, NIVEAU 1, AUDITORIUM - 19h30 : Projection des films Atlantiques (15 min, 2009) et Atlantique (1h45, 2019)
De Mati Diop
Synopsis d'Atlantiques (15 min, 2009)
Sous le ciel noir, entre le feu et l’océan, un jeune revenant dakarois raconte à ses amis son odyssée tragique vers l’Europe.
Synopsis d'Atlantique (1h45, 2019)
Dans une banlieue populaire de Dakar, les ouvriers d’un chantier, sans salaire depuis des mois, décident de quitter le pays par l’océan pour un avenir meilleur.
Parmi eux se trouve Souleiman, qui laisse derrière lui celle qu'il aime, Ada, promise à un autre homme.
Quelques jours après le départ en mer des garçons, un incendie dévaste la fête de mariage d’Ada et de mystérieuses fièvres s'emparent des filles du quartier.
Issa, jeune policier, débute une enquête, loin de se douter que les esprits des noyés sont revenus. Si certains viennent réclamer vengeance, Souleiman, lui, est revenu faire ses adieux à Ada.
Bande-annonce - 21h30 : Conversation
Avec Mati Diop, cinéaste, et Vassilis Oikonomopoulos, directeur des expositions et des programmes
Samedi 16 décembre 2023
→ LA TOUR, NIVEAU 1, STUDIO 3
- 10h00 : Workshop d’écriture et de worldbuilding
Avec Atheel Elmalik, autrice et réalisatrice
L’autrice et réalisatrice Atheel Elmalik proposera un atelier d’écriture dans la lignée d’Adrienne Maree Brown et de Walidah Imarisha, qui ont coédité le livre Octavia’s Brood, où elles ont demandé à des activistes et à des organisateurs et organisatrices (dont la plupart écrivaient pour la première fois) de rédiger une histoire se déroulant dans le monde pour lequel ils et elles se battent. Ainsi, pour Walida Imarisha, Ursula K. Le Guin a résumé de manière exceptionnelle le pouvoir de la science-fiction dans son discours de réception du National Book Award en 2014, où elle a déclaré que des temps difficiles allaient arriver, et que « nous aurons besoin d’auteurs et d’autrices qui se souviennent de la liberté - des poètes, des visionnaires -, les réalistes d’une plus grande réalité. » Dans le droit fil de Mariame Kaba, qui a proclamé que « l’espoir est une discipline », cet atelier se veut un exercice en fiction visionnaire. L’occasion de se réunir et d’utiliser notre intelligence collective pour construire ensemble des mondes fictifs en explorant les questions qui trouveront écho dans le groupe.
Chaque participant ou participante aura ensuite le temps d’écrire une histoire individuelle ayant lieu dans ce monde collectif.(L’introduction au workshop aura lieu en anglais et sera traduite simultanément. Les participants et participantes écriront dans la langue de leur choix.)
→ LA TOUR, NIVEAU 8 - 14h00 : Conversation
Avec Eden Tinto Collins, artiste, et Flora Katz, curatrice - 14h30 : Conférence
La Cour suprême des États-Unis dans l'espace : La Ballade de Bêta-2 de Samuel R. Delany
Par Isiah Lavender III, docteur, professeur Sterling-Goodman d’anglais, université de Géorgie - 15h10 : Conférence
Du marronnage à la contre-dystopie
Par Michael Roch, auteur - 15h50 : Pause
- 16h00 : Conversation
Avec Kim Stanley Robinson, auteur (visio) - 16h30 : Conférence
Fan-fiction, science-fiction et la communauté épistémique de la sécurité de l’IA
Par Shazeda Ahmed, docteure, chercheuse postdoctorale, université de Californie à Los Angeles - 17h10 : Conversation
Avec Neïl Beloufa, artiste, Nora N. Khan, curatrice, et Bahar Noorizadeh, artiste, et Vassilis Oikonomopoulos, directeur des expositions et des programmes - 18h00 : Conférence
Se réapproprier le passé, réimaginer l'avenir
Par Nalo Hopkinson, autrice - 19h00 : Signature de livres
Librairie, La Tour
Dimanche 17 décembre 2023
→ LA TOUR, NIVEAU 8
- 10h30 : Conférence
L'effondrement du présent sous le poids des images
Par Nicolas Giraud, artiste, professeur, ENSP Arles - 11h10 : Conversation
Quand les battements de cœur font des œuvres
Avec Shahryar Nashat, artiste, et Emma McCormick-Goodhart, artiste et chercheuse indépendante - 11h50 : Pause
- 12h00 : Conférence
États modifiés de conscience : interpréter les effets des psychédéliques
Par Zoë Dubus, docteure, chercheuse postdoctorale, université de la Saskatchewan, Canada - 12h30 : Conférence
« Avec des si, on pourrait changer l’avenir »
Par Vinciane Despret, docteure, philosophe, psychologue, professeure, université de Liège
→ LA TOUR, NIVEAU 1, AUDITORIUM
- 15h00 : Projection du film Neptune Frost (1h45, 2021)
De Saul Williams et Anisia Uzeyman
Hauts plateaux du Burundi, de nos jours. Après la mort de son frère, Matalusa, un mineur de coltan, forme un collectif de cyberpirates anticolonialistes. Évoluant dans une société autoritariste où la technologie règne en maîtresse, il rencontre alors Neptune, un.e hacker intersexe. De leur union va naître une insurrection virtuelle et surpuissante.
Bande-annonce
Organisé par Vassilis Oikonomopoulos, Directeur des expositions et des programmes, Martin Guinard, Curateur, Flora Katz, Curatrice, Salma Mochtari, Chargée de recherche, assisté·es par Claire Charrier, Chargée de projet junior.
Benjamin Thorel
Atheel Elmalik
Atheel Elmalik a été en résidence à LUMA Arles en septembre 2022.
Atheel Elmalik est une autrice et réalisatrice qui s’attache à rendre à l’écran la vie des Noirs et des Africains de la diaspora de manière spécifique. Elle étudie les relations d’émancipation des peuples avec la terre, mais aussi les uns avec les autres, à travers des histoires de mouvement et de migration, de guérison intergénérationnelle, et de connexion à la sensibilité du monde plus-qu’humain.
Atheel Elmalik est une chercheuse, écrivaine et réalisatrice qui s'attache à restituer à l'écran la vie de la diaspora noire et africaine avec précision. Elle s'intéresse à l'exploration des relations entre les gens et la terre, et entre eux à travers des histoires de mouvement et de migration, de guérison intergénérationnelle et de connexion à la sensibilité du monde plus qu'humain. Atheel a obtenu une licence en anthropologie à l'université de Stanford, où elle s'est concentrée sur les études africaines et les études visuelles. Elle a ensuite occupé des postes de conservatrice dans des institutions artistiques telles que le Museum of Modern Art de New York, dans le département des médias et des arts de la performance, le Studio Museum de Harlem et le Yerba Buena Center for the Arts de San Francisco. Après avoir passé les deux dernières années à assister et à gérer le studio de l'artiste Arthur Jafa à Los Angeles, elle développe actuellement son premier film narratif par le biais du studio de cinéma nouvellement créé par Jafa, SunHaus, sur lequel elle travaillera pendant son séjour à Arles.
Eden Tinto Collins
Isiah Lavender III
Michael Roch
Kim Stanley Robinson
Shazeda Ahmed
Neïl Beloufa
Nora N. Khan
Bahar Noorizadeh
Nalo Hopkinson
Nicolas Giraud
Shahryar Nashat
Shahryar Nashat a été en résidence à LUMA Arles en 2022 / 2023.
Shahryar Nashat est un artiste suisse qui vit et travaille à Paris. S’intéressant à nos limites physiques et aux possibilités d’extension, il traite les technologies numériques et analogiques – des LED à la pierre et à la résine moulée – comme des prothèses, des accessoires ou des doublures. Il a présenté des expositions personnelles à l’Art Institute of Chicago (2023), au Museum of Modern Art, New York (2020), au SMK-Statens Museum for Kunst, Copenhague, Danemark (2019), au Swiss Institute, New York (2019), à la Kunsthalle Basel, Bâle, Suisse (2017), à Portikus, Francfort, Allemagne (2016), et au Schinkel Pavillon, Berlin (2016).
Emma McCormick-Goodhart
Zoë Dubus
Samuel R. Delany
Vinciane Despret
Mati Diop
Mati Diop a été en résidence à LUMA Arles d'avril à juin 2024.
Mati Diop est née le 22 juin 1982 à Paris. Depuis le début des années 2000, elle construit une œuvre mutante primée dans de nombreux festivals internationaux. Avec son premier long-métrage Atlantique (2019), lauréat du Grand Prix du Festival de Cannes suivi de Dahomey (2024) lauréat de l’Ours d’Or de la Berlinale, elle s’est imposée comme l’une des figures majeures du cinéma d’auteur international et d’une nouvelle vague dans le cinéma africain et diasporique. Son cinéma nomade, romanesque et politique transgresse les frontières entre les genres et les formats comme une extension de sa double identité et d’une créolité revendiquée.
Elle grandit dans une famille franco-sénégalaise, entre un père musicien, Wasis Diop, et une mère photographe et acheteuse d’art. Elle est la nièce de Djibril Diop Mambéty, auteur du film culte Touki Bouki (1973).
Le formalisme de son cinéma prend son origine dans une curiosité première pour les arts plastiques, notamment la vidéo et surtout le son. Dès l’âge de 20 ans, elle fait ses premières armes au théâtre où elle réalise des créations sonores et vidéos pour des pièces de théâtre. Elle tourne à cette époque un premier court-métrage autoproduit, Last Night (2004). En 2006, elle intègre le Pavillon, le laboratoire de création du Palais de Tokyo. Après un bref passage au Fresnoy (Studio national des arts contemporains), sa rencontre avec Claire Denis qui lui confie le premier rôle féminin du film 35 Rhums (2008) confirme surtout son désir de devenir réalisatrice.
Débute alors la composition d’une épopée dakaroise en trois chapitres qui se déploie sur une décennie. Atlantiques (2009, Tiger Award du Festival de Rotterdam), Mille Soleils (2013, Grand Prix du FID Marseille) et Atlantique forment un manifeste qui signe l’affirmation d’un choix politique : un cinéma engagé au Sénégal dont la jeunesse populaire en sera le cœur battant. Du phénomène d’immigration clandestine qui dévaste la jeunesse populaire sénégalaise jusqu’à la destitution du régime Wade en 2012, de l’effacement du cinéma sénégalais et plus largement africain dont l’âge d’or fut incarné par l’œuvre subversive et politique de son oncle Djibril Diop Mambéty, les films se font l’archive d’une époque et de ses enjeux contemporains. Pour la réalisatrice, le cinéma est une arme de reconquête qui vient restituer des images manquantes, interroger les représentations nées du colonialisme et inventer des héros.ines qui ont déserté les imaginaires africains.
En parallèle, la cinéaste réalise plusieurs court-métrages dont Big in Vietnam (2011, Tiger Award du Festival de Rotterdam) et Snow Canon (2012, sélectionné à la Mostra de Venise), qui ressassent ses motifs et thèmes de prédilections : la solitude de corps exilés, les villes et les paysages empreints de mythologie et de mystères, la nuit d’où émergent danses et fantômes. Des motifs que l’on retrouve dans Tokyo Trip (2023) réalisé pour Chanel et In My Room (2020) commandé par Miu-Miu. Elle poursuit sa pratique de vidéaste avec Liberian Boy (2015) et Naked Blue (2022) co-réalisé avec Manon Lutanie. Entre 2020 et 2021, elle tourne aussi deux clips vidéo à Paris, pour Bonnie Banane et Wasis Diop, ainsi qu’un film commercial avec Solange Knowles.
En créant la maison de production Fanta Sy basée à Dakar, elle poursuit son engagement artistique sur le continent africain.