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À l'occasion de l'exposition Amanat, La Forêt sacrée, Saodat Ismailova revient sur les questions qui traversent son travail : comment les récits se transmettent-ils d'une génération à l'autre ? Que reste-t-il des mythes, des croyances et des mémoires lorsque les territoires et les histoires sont bouleversés ?
Née en Ouzbékistan et ayant grandi dans l'ère post-soviétique, la cinéaste et artiste explore, à travers ses films, les multiples strates culturelles de l'Asie centrale en mêlant rêves, rituels et histoires familiales.
Dans cet entretien, elle revient sur le sens du mot "amanat", hérité de l'arabe "amānah" (confiance), également présent en persan et dans les langues turciques. Plus qu'un simple héritage, un "amanat" désigne ce qui nous est confié sans jamais nous appartenir pleinement : une mémoire, un savoir ou une histoire que l'on a la responsabilité de préserver avant de la transmettre à son tour. Une notion profondément liée à son propre héritage familial et à sa pratique artistique, qui consiste précisément à rendre visibles et audibles des récits longtemps restés dans l'ombre.
La conversation conduit également à la forêt d'Arslanbob, l'une des plus vastes forêts de noyers d'Asie centrale. Dans une région où les paysages ont été profondément remodelés par l’époque soviétique, cette forêt demeure un territoire à part. Lieu de légendes, de croyances et de mémoire, Arslanbob incarne pour l'artiste un espace où la nature conserve ce que l'histoire n'a jamais totalement pu réorganiser ou réécrire.
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