The Impermanent Display I
L'exposition propose une sélection de pièces majeures provenant de la collection Maja Hoffmann / LUMA Foundation. Ces pièces témoignent de la grande diversité des sujets abordés par la collection, mais aussi de son évolution grâce à un engagement actif auprès d'artistes afin de mettre en œuvre des concepts novateurs. La sélection proposée se concentre sur des pratiques qui illustrent les liens étroits unissant la LUMA Foundation et Maja Hoffmann à des personnalités contemporaines essentielles. Que ce soit au travers d'une installation, de la photographie,de la sculpture ou de la peinture, les pièces présentées évoquent les transformations essentielles qui se produisent aujourd'hui en réaction aux changements et crises socio-politiques.
The Impermanent Display (L'Exposition éphémère) se veut un témoignage de la nature changeante du monde et de l'émergence de nouveaux récits. Bouleversement sociaux, disparition des mythes, tels sont les thèmes qui marquent l'exposition, également traversée de façon sous-jacente par la convivialité, le ludique, le partage d'expérience. Fondamentalement concernées par la saisie et la compréhension de la transition actuelle, un certain nombre d'œuvres présentées illustrent les tensions entre passé récent, présent et avenir. D'autres encore abordent des sujets intimes et articulent des idées ou notions puissantes en réfléchissant au lien qui unit phénomènes éphémères et événements.
Informations pratiques
L’exposition The Impermanent Display I en images


Etel Adnan
Diane Arbus
Durant les cinquante années suivantes, des rétrospectives muséales itinérantes de premier plan ont été organisées par le Museum of Modern Art de New York (1972), le musée d’Art moderne de San Francisco (2003), le Jeu de Paume, à Paris (2011), le Metropolitan Museum of Art de New York (2016), et le musée des Beaux-Arts de l’Ontario (2020).
Parmi les livres consacrés à son œuvre, citons : Diane Arbus. An Aperture Monograph (1972), Magazine Work (1984), Sans titre (1995), Revelations (2003), The Libraries (2004), A Chronology (2011), Silent Dialogues (2015), In the Beginning (2016), A box of ten photographs (2018) et Documents (2022).
Outre les musées mentionnés ci-dessus, d’importantes collections de ses œuvres se donnent à voir dans de nombreuses institutions à travers le monde. La Bibliothèque nationale de France fut l’une des premières à en acquérir, suivie par le Centre Pompidou.
Alighiero Boetti
Alighiero Boetti est né à Turin, en 1940. Bien qu’il n’ait pas reçu d’éducation artistique formelle, Boetti s’est intéressé, dès son plus jeune âge, à la théorie de la créativité. Au début des années 1970, lors d’un voyage en Afghanistan, l’artiste a été initié à l’artisanat traditionnel de la broderie – un tournant dans sa carrière. Sa préoccupation fondamentale pour la relation entre « ordre » et « désordre » se manifeste dans ses structures en grille, inspirées des « carrés magiques », qui présentent des dictons et des aphorismes issus de contextes culturels, philosophiques, mathématiques et linguistiques.
Après avoir été montré à Milan et Turin, le travail de Boetti a fait l’objet d’une première exposition personnelle à New York, à la galerie John Weber, en 1973. Il a continué à exposer dans toute l’Italie et aux États-Unis jusqu'à sa mort prématurée en 1994.
Il a été honoré, à titre posthume, par plusieurs expositions de grande envergure, notamment au Museum Moderner Kunst, à Vienne, en 1997, et au Museum für Moderne Kunst de Francfort-sur-le-Main, en 1998. L’exposition de 2001 à la galerie Gagosian a été organisée avec le concours de l’Archivo Boetti de Rome – dont ce fut la première collaboration avec une galerie commerciale – et s’accompagne d’un catalogue entièrement illustré.
Hans-Peter Feldmann
Urs Fischer
Urs Fischer exploite le potentiel des matériaux – argile, acier, peinture, aliments, terre et produits agricoles – afin de créer des œuvres qui désorientent et déconcertent. Par le biais de distorsions d’échelle, d’illusions et de la juxtaposition d’objets du commun, ses sculptures, peintures, photographies et installations de grande envergure explorent les thèmes de la perception et de la représentation tout en conservant une irrévérence pleine d’esprit et un humour mordant.
Fischer a commencé sa carrière artistique en étudiant la photographie à la Schule für Gestaltung de Zurich. Il a vécu à Londres et à Los Angeles, et partagé un studio, avec Rudolf Stingel, à Berlin et à New York. Les thèmes de l’absence et de la présence, ainsi que les processus de production artistique, sont omniprésents dans son travail, où Fischer utilise des tables, des chaises, des ombres et de la lumière pour explorer la distorsion et l’anthropomorphisme. Dans Stuhl mit (1995-2001), des pieds bulbeux recouverts de tissu fusionnent avec une chaise en bois, et dans Studies for chairs for individual seating positions (1993), l’absence d’un corps humain est suggérée par de la moisissure en sciure et en caoutchouc posée sur l’assise. La nourriture est aussi un élément clef de l’œuvre de Fischer. Pourrissante, émiettée, fondue et juxtaposée avec des matériaux permanents comme le métal, les briques et le mortier, elle fait office de memento mori ; Rotten Foundation (1998) comprend une structure en briques construite sur des fondations d’aliments pourris ; Untitled (Bread House) (2004-2005), un chalet suisse entièrement construit de miches de pain, a été laissé à l’abandon pour être mangé par des perruches ; et dans les Problem Paintings (2011-), des portraits montés sur des panneaux d’aluminium sont obscurcis par des images d’œufs, de poivrons et de kiwis, ainsi que par des boulons tordus et des cigarettes à moitié fumées.
En 2009, le travail de Fischer a fait l’objet d’une première présentation personnelle de grande envergure dans un musée américain, au New Museum de New York. L’exposition montrait une série d’installations immersives et d’environnements hallucinatoires, dont des paysages urbains et des labyrinthes de miroirs. En 2011, à la Biennale de Venise, sa copie en cire de la sculpture de Giambologna datant de la fin du XVIe siècle, l’Enlèvement des Sabines, a fondu lentement, en surplomb d’une autre bougie grandeur nature représentant un homme ordinaire portant des lunettes et un manteau de sport. Les œuvres en cire, que Fischer produit depuis 2001, témoignent de sa maîtrise de l'entropie, ainsi que de son assimilation et son rejet simultanés de la tradition.
Fischer a exposé pour la première fois seul chez Gagosian en 2012. Un an après, pour son exposition « Yes » au Geffen Contemporary du MOCA de Los Angeles, 1 400 volontaires ont réalisé des sculptures en argile non cuites dans les semaines qui ont précédé l’exposition. Fischer passe d’une prouesse de conception à l’autre, de manière à la fois compliquée et ludique, désordonnée et parfaite.
Katharina Fritsch
Fischli / Weiss
Pendant plus de trente ans, Peter Fischli et David Weiss ont collaboré à un ensemble d’œuvres qui combinent, réarrangent ou manipulent le banal pour en faire quelque chose de nouveau et d’inattendu. Réalisé à l’aide de divers médias, dont l’argile non-cuite, le polyuréthane sculpté et peint, la photographie et la vidéo, leur travail nie, de manière ludique, la distinction entre l’art et tout le reste. Le duo est peut-être plus connu pour son film Le Cours des choses (1987), tourné dans leur atelier, dans lequel une chaîne d’événements à la Rube Goldberg, mettant en scène des objets ménagers et des détritus, redonne à ces humbles matériaux leurs lettres de noblesse.
Dans leur première œuvre commune, Wurstserie (la Série des saucisses, 1979), Fischli et Weiss ont transformé une étagère de salle de bains en un défilé de saucisses habillées à la mode et un lit défait en un paysage alpin. Pour Objets en polyuréthane, commencée en 1982, ils utilisent le même matériau dont se servent les accessoiristes d’Hollywood pour réaliser des répliques méticuleusement peintes et sculptées d’objets ordinaires (rouleau de peinture, bouteille d’eau de Javel, M&M’s épars et boîte en carton). Quant à Monde visible (1986-2012),
c’est une vision quasi encyclopédique des paysages naturels et bâtis, du banal à l’extraordinaire, composée de milliers de photographies réalisées dans le monde entier par Fischli et Weiss au cours de vingt-cinq années de voyage.
L’œuvre de Peter Fischli (né en 1952) et David Weiss (1946-2012) a fait l’objet de rétrospectives de grande envergure dans de nombreux musées d’Europe et d’Amérique du Nord, dont les plus récentes ont eu lieu, en 2016, au musée Solomon R. Guggenheim de New York et au musée Jumex, à Mexico. Leur travail a été présenté à la documenta, à Skulptur Projekte Münster, et à six Biennales de Venise, lors desquelles ils ont représenté la Suisse, en 1995, et reçu un Lion d’or, en 2003, pour leur installation Questions (1981-2002). Peter Fischli vit et travaille à Zurich.
Mike Kelley
Mike Kelley est considéré comme l’un des artistes les plus éminents de notre époque. Originaire d’une banlieue de Détroit, Kelley a étudié à l’université du Michigan, à Ann Arbor, avant de s’installer en Californie du Sud, en 1976, pour étudier au California Institute of the Arts, où il a obtenu une maîtrise en beaux-arts en 1978. Los Angeles est devenue sa ville d’adoption et le lieu de sa pratique artistique prolifique. Dans la plupart de ses œuvres, Kelley s’inspire d’un large éventail de haute et de basse culture, et il est connu pour écumer les marchés aux puces en quête des rebuts et des restes de l’Amérique. Exploitant les objets banals de la vie quotidienne, Kelley utilise ces matériaux pour remettre en question et démanteler les conceptions occidentales de la culture et de l’art contemporains.
Dès la fin des années 1970, Kelley se fait connaître par ses performances et ses installations, et, dans les années 1980, par une série de sculptures composées de matériaux artisanaux courants et d’animaux en peluche. Son travail gagne alors en portée et en taille, comme en témoignent Complexe éducatif (1995), la série Kandors (1999-2011), la série Reconstruction projective d’activités extrascolaires (2000-2011) et l’œuvre d’art public Maison mobile (2006-2013), achevée à titre posthume. Ces projets font appel à un large éventail de media et de formes venant illustrer la polyvalence de l’artiste et mettre en lumière un certain nombre de thèmes récurrents dans sa pratique tels que la mémoire refoulée, la sexualité, l’adolescence, la classe sociale et l’Amérique. Tout au long de sa carrière, Kelley a également travaillé sur des projets de conservation, collaboré avec de nombreux artistes et musiciens, et produit un formidable corpus d’écrits critiques et créatifs.
Isa Genzken
Inspiré par l’extrême sévérité de l’architecture moderniste et l’énergie chaotique de la ville, le travail de Genzken regarde toujours alentour, afin de traduire, en trois dimensions, la façon dont l’art, l’architecture, le design et les médias affectent l’expérience de la vie en ville, et les dissensions entre public et privé. Le travail de Genzken est intuitif et cohérent, non seulement parce qu’il met en scène, pour le public, des aspects de l’espace et de l’échelle, mais aussi parce qu’il ourdit de nouveaux dialogues et contacts avec les surfaces de la matière. Le contenu socio-politique de son œuvre est manifeste.
En 2017, Genzken s’est vu décerner le prestigieux Goslarer Kaiserring (anneau impérial) de la ville de Goslar, en Allemagne.
Arthur Jafa
Arthur Jafa (né en 1960, à Tupelo, dans le Mississippi) est un artiste, réalisateur et directeur de la photographie. En l’espace de trois décennies, Jafa a conçu une œuvre dynamique constituée de films, d’objets fabriqués et d’événements qui font référence, pour les remettre en question, aux articulations universelles et spécifiques de l’être noir. Une question récurrente souligne les multiples facettes des travaux de Jafa : comment les media visuels, tels que les objets, ou les images statiques et en mouvement, sont-ils à même de traduire « le pouvoir, la beauté et l’aliénation » propres aux formes de musique noire dans la culture américaine ?
Les films de Jafa ont reçu de nombreux prix. Son œuvre a rejoint les collections internationales les plus prestigieuses, dont celle du Metropolitan Museum of Art, du Museum of Modern Art, de la Tate, du San Francisco Museum of Modern Art, du Studio Museum à Harlem, du High Museum à Atlanta, du Dallas Museum of Art, du Museum of Contemporary Art de Chicago, du Stedelijk, de la Fondation LUMA, du Pérez Art Museum Miami, du Los Angeles Museum of Contemporary Art, du Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, ainsi que du Smithsonian American Art Museum. L’œuvre de Jafa a fait l’objet d’expositions personnelles au Pérez Art Museum Miami, au Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive, à la Galerie Rudolfinum à Prague, au Moderna Museet à Stockholm et au musée d’art moderne Louisiana au Danemark. En 2019, il s’est vu décerner le Lion d’or en tant que meilleur artiste participant à la 58e Biennale de Venise, placée sous le thème « May You Live in Interesting Times ». La Fondation LUMA a montré l’un de ses plus célèbres films pour la première fois en France « Love is the message, the message is death » (2016) au Parc des Ateliers à Arles en 2018.
Paul McCarthy
Paul McCarthy est considéré dans le monde entier comme l’un des artistes américains contemporains les plus influents et les plus novateurs. Né en 1945, et élevé à Salt Lake City, dans l’Utah, il a d’abord établi une pratique artistique à multiples facettes qui cherchait à repousser les limites de la peinture en utilisant des matériaux peu orthodoxes tels que les fluides corporels et la nourriture. Depuis, il s’est fait connaître par des œuvres viscérales, à l’humour souvent obsédant, réalisées à l’aide de divers supports – performance, photographie, film et vidéo, sculpture, dessin et peinture.
Dans les années 1990, il a étendu sa pratique à des installations et à des figures sculpturales autonomes, en utilisant une gamme de matériaux tels que la fibre de verre, le silicone, les animatroniques et le vinyle gonflable. Jouant sur les illusions populaires et les mythes culturels, le fantastique et la réalité se heurtent dans une exploration délirante mais poignante du subconscient, dans des œuvres qui défient simultanément les attentes phénoménologiques du spectateur.
Absente ou présente, la figure humaine est une constante dans son travail, fût-ce à travers les propres performances de l’artiste ou la panoplie de personnages qu’il crée pour mélanger la haute et la basse culture, et susciter l’analyse de nos croyances fondamentales. Ses personnages et objets malicieusement surdimensionnés critiquent les mondes dont ils sont issus : Hollywood, la politique, la philosophie, la science, l’art, la littérature et la télévision. Le travail de McCarthy permet ainsi de localiser les traumatismes qui se cachent derrière le décor du rêve américain et d’identifier leurs équivalents dans le canon de l’histoire de l’art.
McCarthy a obtenu une licence en peinture du San Francisco Art Institute en 1969, et un master en multimédia, film et art de l’université de Californie du Sud en 1973. Pendant 18 ans, il a enseigné la performance, la vidéo, l’installation et l’histoire de l’art au Département des nouveaux genres de UCLA, où il a influencé les futures générations d’artistes de la côte ouest, et exposé à plusieurs reprises dans le monde entier. L’œuvre de McCarthy comprend des collaborations avec des amis artistes tels que Mike Kelley et Jason Rhoades, ainsi qu’avec son fils Damon McCarthy.
Michelangelo Pistoletto
les principes de l’Arte Povera et une série de Tableaux-Miroirs, comprenant des images figuratives, graphiques ou sculpturales appliquées à une surface en acier inoxydable poli. Reflet de son double intérêt pour le conceptualisme et la représentation figurative, ces œuvres ont contribué à la reconnaissance internationale pérenne de Pistoletto. Outre ces travaux, l’artiste a fondé la Cittadellarte de Bielle, laboratoire interdisciplinaire encourageant l’utilisation de l’art afin de promouvoir le changement social. Sa mission principale : le Troisième Paradis, conçu, en 2003, comme la promesse d’un royaume futur au sein duquel nature et société coexisteront en harmonie.
La surface en miroir joue un rôle essentiel dans la pratique de Pistoletto. Le plan réfléchissant de ses peintures attire le.a spectateur.rice et son environnement dans les filets de l’œuvre, et altère ainsi l’idée selon laquelle l’image serait un moment figé. Ardent défenseur de la performance dans l’art, Pistoletto met l’accent sur l’interactivité, la spontanéité, la multiplicité des mondes imaginaires et une relation active entre l’œuvre et le spectateur. Le miroir fait accéder le spectateur à l’espace virtuel de l’œuvre, en créant un portail entre l’art et la vie. Le « véritable protagoniste », écrivait-il, en 1966, à propos de ses tableaux-miroirs, « c’est la relation d’instantanéité qui se crée entre le spectateur, son propre reflet et la figure peinte, dans un mouvement permanent qui concentre le passé et la figure en soi au point de faire douter de leur existence même — c’est la dimension même du temps. »
Rirkrit Tiravanija
Franz West
Artiste viennois majeur, Franz West a développé, depuis le début des années 1970, une œuvre sculpturale et installative qui remet en question les frontières entre l’objet d’usage familier et l’œuvre d’art. La chaise, la table, le fauteuil, le divan, le lit, le tapis ou encore les tissus de revêtement deviennent tour à tour les supports d’une réflexion critique, provocatrice et volontiers insolente sur la nature et la portée du geste artistique.
Influencé par la performance et l’actionnisme viennois, West s’est très tôt intéressé à l’implication du corps dans l’art et a défendu un croisement radical entre l’art et la vie. Dès les années 1970, il crée des sculptures portables en papier mâché, les Paßstücke (Adaptatives), invitant le public à interagir avec elles et à performer.
Marquées par un caractère ludique, ses œuvres contestent les cadres traditionnels de l’art. À la fin des années 1980, Franz West réalise des installations situées à la frontière de la sculpture et du mobilier, susceptibles d’être utilisées et transformées par le public. Les objets et meubles du quotidien deviennent alors un motif central de son œuvre.