Art et anarchisme : l’égalité entre différend et mésentente
- Conférence
Son nouveau livre, Au Voleur ! Anarchisme et Philosophie, est publié aux Presses Universitaires de France (PUF). Dans ce dernier, Catherine Malabou s’interroge sur les raisons qui poussent des figures majeures de la philosophie, à passer sous silence la notion d’anarchisme, alors que nombre des concepts qu’ils ont développés s’en inspirent.
Selon Catherine Malabou : « un débat emblématique des rapports entre art et philosophie lors de ces dernières décennies est celui qui a opposé Jean-François Lyotard et Jacques Rancière sur la question du rôle politique de l’art. Pour Lyotard, c’est paradoxalement dans l’imprésentable que se manifeste le différend politique, qui oppose les cris à la loi. Ainsi, l'égalité ne peut ni être représentée, ni apparaître. Rancière à l’inverse affirme l’ouverture de toute expérience par sa mise en forme artistique. L’art, en déplaçant la mésentente politique, permet de réparer le dispositif social et de figurer l’égalité en donnant aux spectateurs la possibilité d’apparaître sur la scène politique en s’émancipant eux-mêmes. Lyotard comme Rancière concluent chacun, en partant de ces raisons opposées, à une définition de l’art comme dispositif anarchiste. Qu’en est-il aujourd’hui ? »
Informations pratiques
Art et anarchisme : l'égalité entre différend et mésentente
Dans cette conférence, la philosophe Catherine Malabou revient sur l’un des grands débats de la philosophie contemporaine consacré au rôle politique de l’art : celui qui oppose Jean-François Lyotard et Jacques Rancière.
À travers leurs conceptions respectives du différend et de la mésentente, Malabou examine deux manières de penser les rapports entre art, égalité et émancipation. Si Lyotard situe le politique dans ce qui résiste à toute représentation, Rancière voit dans l’expérience esthétique la possibilité de rendre l’égalité sensible et d’ouvrir de nouvelles formes de subjectivation politique.
En revisitant ces deux approches, Catherine Malabou interroge l’actualité de l’art comme espace de transformation politique et revient sur une question essentielle : que signifie aujourd’hui penser l’art comme un dispositif anarchiste ?