Ce que Diane Arbus ne faisait pas (seconde partie) et sa manière de ne pas le faire
Dans le cadre de l'exposition Constellation consacrée à Diane Arbus, une conversation autour de son œuvre aura lieu le 8 juillet 2023 avec Neil Selkirk et Darius Himes.
Quelles que soient les stratégies adoptées par Diane Arbus en tant que photographe — et elles sont nombreuses, allant de sa démarche au choix du sujet et de l’équipement —, elles visent à se libérer du besoin de contrôler l’image. Elle s’est sciemment subordonnée à des techniques minutieusement mises au point et aux aléas du hasard, accordant aux images une plus grande perspicacité que celle qu’elle se prêtait elle-même (ou à n’importe quelle autre personne d’ailleurs). Ainsi, en se fiant au pouvoir intrinsèque et à l’autorité du médium, elle a permis à ses photographies de révéler et de saisir ce qu’elle n’avait jamais imaginé.
Le caractère troublant, unique et socialement détonnant de son œuvre réside dans son approche purement technique et esthétique de la création d’images, qui semble, à première vue, se proclamer comme le fruit d’une objectivité élémentaire. Cette démarche était, et demeure toutefois, totalement divergente, voire en opposition, aux valeurs dominantes de l’establishment artistique.
Cette discussion est organisée par Matthieu Humery, commissaire de l'exposition Constellation dédiée à Diane Arbus.
Informations pratiques
Durée : 1h00
Prix : Gratuit, sur réservation
Note : La conversation sera tenue en anglais et traduite en français simultanément.
L'exposition "Constellation" consacrée à Diane Arbus
Après la mort de Diane Arbus en 1971, Neil Selkirk a réalisé des tirages pour l’« Arbus Estate », qui administre la succession de l’artiste. Il est la seule personne, depuis la mort de l’artiste, autorisée à tirer ses négatifs.
L’exposition Constellation réunit la totalité des 454 épreuves d’imprimerie (dont certaines encore inédites) du « Selkirk Prints set », sous la forme d’une installation immersive.
Neil Selkirk
Neil Selkirk est photographe et réalisateur.
Peu après son arrivée de Londres à New York en 1970, il rencontre Diane Arbus. Il suit sa masterclass et, après sa mort, devient la seule personne autorisée à faire des tirages de son travail. En tant que photographe, il a travaillé pour presque tous les grands magazines américains. Il s’est spécialisé dans la création de nouvelles publications, ayant participé aux premiers numéros et aux couvertures de Wired, Spy, Colors, Paper et Vue.
Il a publié quatre livres de photographie : 1000 on 42nd Street (2000), See No Evil (2006), Lobbyists (2007) et Certain Women (2015). Ses œuvres font partie de grandes collections américaines, dont celle du Metropolitan Museum of Art de New York.
Darius Himes
Diane Arbus
Durant les cinquante années suivantes, des rétrospectives muséales itinérantes de premier plan ont été organisées par le Museum of Modern Art de New York (1972), le musée d’Art moderne de San Francisco (2003), le Jeu de Paume, à Paris (2011), le Metropolitan Museum of Art de New York (2016), et le musée des Beaux-Arts de l’Ontario (2020).
Parmi les livres consacrés à son œuvre, citons : Diane Arbus. An Aperture Monograph (1972), Magazine Work (1984), Sans titre (1995), Revelations (2003), The Libraries (2004), A Chronology (2011), Silent Dialogues (2015), In the Beginning (2016), A box of ten photographs (2018) et Documents (2022).
Outre les musées mentionnés ci-dessus, d’importantes collections de ses œuvres se donnent à voir dans de nombreuses institutions à travers le monde. La Bibliothèque nationale de France fut l’une des premières à en acquérir, suivie par le Centre Pompidou.