Prix Dior de la Photographie et des Arts Visuels pour Jeunes Talents 2026
- Photographie
- Programme invité
Créé en 2018 à l’initiative de Christian Dior Parfums, en partenariat avec LUMA Arles et l’École nationale supérieure de la photographie (ENSP), le Prix Dior de la Photographie et des Arts Visuels pour Jeunes Talents est un concours international qui met en lumière et récompense le travail d’étudiant·es et de jeunes diplômé·es, issus des écoles d’art et de photographie les plus renommées.
Les travaux des lauréat·es sont à découvrir à La Lampisterie, du 4 juillet au 4 octobre.
Invitée à s’interroger autour du thème « Face to Face » cette 9e édition présente le travail de dix lauréat·es sélectionné·es par un jury présidé par le photographe britannique David Sims et composé de Vasantha Yogananthan (photographe français), Maja Hoffmann (Fondatrice et Présidente Exécutive LUMA Foundation et LUMA Arles), Julie Jones (directrice de la Maison Européenne de la Photographie) et Peter Philips (directeur de la création et de l’image du maquillage Dior).
Les lauréat·es
Mayed Almheiri
Émirats Arabes Unis
University of the Arts, Sharjah
Andrea Besset
France
Haute École des Arts du Rhin, Mulhouse
Debora Brune
Allemagne
Fachhochschule, Dortmund
Yuan Chen
Japon
Tokyo University of the Arts, Tokyo
Marcie Docherty
Royaume-Uni
Central Saint Martins, London
Antoine Genoud
Suisse
ECAL, Lausanne
Hongyu Jiang
Royaume-Uni
Central Saint Martin, London
Milena Schilling
Allemagne
Fachhochschule, Dortmund
Akari Takenobu
Japon
Tokyo University of the Arts, Tokyo
Mohammed Zeedia
Royaume-Uni
Royal College of Art, London
Informations pratiques
L'exposition est accessible gratuitement et sans réservation.
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Quelques images de l'exposition


Akari Takenobu, gagnante du Prix Dior de la Photographie et des Arts Visuels pour Jeunes Talents
« Les fragments dispersés sont reconstruits en une forme évoquant une figure humaine, mais qui n’est plus identique au soi d’origine. Ce qui apparaît est visible mais immatériel – une image dépourvue de substance physique. En utilisant mon propre corps comme matériau, je tente de générer quelque chose qui se rapproche davantage de l’invisible que mon corps vivant. Cela oscille entre réalité et inconnu. »
Akari Takenobu
En savoir plus sur Akari Takenobu
Née au Japon en 1993, l’artiste Akari Takenobu étudie actuellement en master à l’Université des Arts de Tokyo.
Inspirée par des expériences de son enfance souvent qualifiées de « paranormales », elle a développé un intérêt durable pour les mondes invisibles et les structures sous-jacentes du monde, qu’elle explore à travers la photographie, le collage et l’installation.
Elle réalise également des œuvres à partir d’images issues du bruit infrarouge, interrogeant la possibilité de faire émerger des formes depuis des zones normalement inaccessibles à la perception humaine. Ses images sont souvent rematérialisées et prolongées dans des sculptures ou des installations spatiales qui lui permettent d’approfondir sa réflexion sur les structures et les fluctuations de l’invisible.
Akari Takenobu a déjà participé à des expositions ainsi qu’à des programmes de résidence d’artistes au Japon.

Regards sur son travail
Pressentant ainsi l’existence d’une dimension inconnue, invisible et changeante, elle bâtit une stratégie dont elle exprime avec clarté les fondements conceptuels : « En oscillant entre dématérialisation et réincarnation du corps, je continue de mesurer ma distance à l’inconnu. Ma pratique s’inscrit dans un cadre de pensée singulier qui vise à examiner les structures et les fluctuations de l’invisible. »
© Akari Takenobu
Akari Takenobu cherche à comprendre et à capturer ce qui se dissimule derrière la surface du visible. Rien de moins qu’une artiste déterminée, véritable chasseuse de fantômes, désireuse de reconnaître ces entités fluctuantes qu’elle perçoit depuis l’enfance à travers des expériences paranormales : « J’explore la frontière entre ma propre existence et ce qu’on appelle souvent « les autres invisibles » – esprits, fantômes, ou présences qui ne peuvent être perçues directement. Qu’est-ce qui nous sépare ? Une distinction possible réside dans la matérialité, c’est-à-dire la possession d’un corps physique. »
© Akari Takenobu
C’est précisément dans cet entre-deux qu’Akari Takenobu fait surgir une beauté aux accents surréalistes. En reconfigurant le réel, elle interroge les limites de la perception et explore un interstice signifiant en faisant vaciller la frontière entre le visible et l’invisible : « En déstabilisant ces cadres – et parfois en déconstruisant la forme même du soi – il devient possible d’intégrer des fractures inattendues à l’apparence figée de la réalité. »
© Akari Takenobu
Le medium photographique reste au centre de son œuvre, en dialogue avec le collage et l’installation qui parachèvent ce qu’elle nomme des « pseudo-expériences ». Une première étape consiste à photographier son propre corps, qu’elle transforme en image, le dépouillant ainsi de sa matérialité. Elle découpe ensuite cette image en fragments qu’elle réassemble, faisant subir à son corps ce qu’elle qualifie de « mort simulée ».
© Akari Takenobu
Morcelé puis reconstitué en une silhouette alternative et improbable, le corps métamorphosé de l’artiste devient ainsi l’enjeu central de cette quête de l’invisible : « Les fragments dispersés sont reconstruits en une forme évoquant une figure humaine, mais qui n’est plus identique au soi d’origine. Ce qui apparaît est visible mais immatériel – une image dépourvue de substance physique. En utilisant mon propre corps comme matériau, je tente de générer quelque chose qui se rapproche davantage de l’invisible que mon corps vivant. Cela oscille entre réalité et inconnu. »
© Akari Takenobu