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"En 2019, à l’heure où nous évoquions le thème de la quatrième édition des LUMA Days et notre programme pour l’été 2020, nous étions à mille lieues d’imaginer à quel point celui-ci ferait écho à la crise que nous traversons cette année. Nous devions alors nous retrouver, à Arles, autour du sujet « En transit : une géographie du changement », lorsque, en mars 2020, le confinement s’est appliqué pays après pays, immobilisant près de quatre milliards de personnes dans le monde. Cette transition écologique, économique et sociale, dont l’appel se faisait de plus en plus pressant, est devenue, du jour au lendemain, une urgence.
Très vite, tous les programmes que nous avions prévus se sont dématérialisés et ont commencé à prendre vie directement sur le site de LUMA Arles, où artistes, architectes, scientifiques, sociologues et philosophes s’expriment et expliquent les bouleversements actuels, mais aussi les chemins possibles vers un nouvel état du monde.
Le thème du changement, et la tentative d’en tracer les sentiers, avec son lot d’obstacles, de contournements, de franchissements, de ralentissements ou nécessaires accélérations, se trouve abordé dans tous les champs d’interventions des contributeurs. Chaque perspective témoigne de la nécessité et de l’urgence d’une transition.
Cette période trouble, qui a limité les rassemblements physiques, a toutefois créé des conditions nouvelles pour se retrouver et s’écouter. Elle a aussi facilité les collaborations et les partenariats où s’expriment les convergences de valeurs et d’idées.
Si la crise sanitaire ne nous a pas donné l’occasion de nous retrouver à Arles pour cette édition, elle a prouvé à quel point l’humanité est capable d’agilité, d’adaptation et de partage."
Maja Hoffmann
Michel Bauwens est le fondateur et président de la P2P Foundation. Il travaille en collaboration avec un groupe international de chercheur·euse·s sur les questions de production entre pairs, de gouvernance et de propriété.
Il voyage à travers le monde pour animer des ateliers et donner des conférences sur le P2P et la notion de communs en tant que paradigmes émergents, ainsi que sur les possibilités qu’ils offrent pour évoluer vers un monde post-capitaliste.
Michel Bauwens est également directeur de recherche de CommonsTransition.org, une plateforme consacrée au développement de politiques visant à favoriser une société fondée sur les communs. Il est membre fondateur du Commons Strategies Group, aux côtés de Silke Helfrich et David Bollier, qui organise d’importantes conférences internationales sur les communs et leur économie.
Laurens Bekemans est architecte et cofondateur de BC architects & studies, entité de recherche à but non lucratif et laboratoire de matériaux installé à Bruxelles, ainsi que, plus récemment, de BC materials, société minière urbaine qui réutilise les débris de construction. BC signifie Brussels Cooperation et illustre la façon dont l’agence s’est enracinée dans un lieu et dans l’esprit de ses habitants. Créé en 2012 en tant que bureau hybride, BC repousse les limites de l’architecture de manière pragmatique. Avec trois entités juridiques différentes, l’équipe s’engage dans une variété de projets expérimentaux à travers lesquels elle conçoit une architecture biorégionale et circulaire, étudie les processus éducatifs et de construction, et produit de nouveaux matériaux en utilisant des flux de déchets locaux, telle la terre excavée.
Docteure en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts, spécialité Arts plastiques et photographie, de l’Université Paris 8, Caroline Bernard est artiste et enseignante à l’École nationale supérieure de la photographie depuis 2015, où elle dirige le laboratoire Prospectives de l’image.
Ancienne collaboratrice scientifique de la Haute école d’art et de design (HEAD) de Genève (Suisse), elle enseigne également, depuis 2007, à l’École supérieure d’arts appliqués (CEPV) de Vevey (Suisse). Elle est par ailleurs professeure associée à l’École des arts visuels et médiatiques (EAVM) de l’Université du Québec à Montréal (UQAM, Canada).
James est l’un des membres fondateurs d’Assemble et enseigne depuis 2015 à la CASS School of Architecture and Design, où il dirige un studio de troisième cycle.
Au sein d’Assemble, il a travaillé sur un large éventail de projets, de la conception et de la fabrication de mobilier et d’installations à la coordination de projets de construction collective à grande échelle, en passant par la conception d’espaces publics au Royaume-Uni et à l’étranger.
Jean Blaise est né en 1951 à Alger. Après des études de lettres à l’Université de Bordeaux, il devient directeur du Centre culturel de Saint-Médard-en-Jalles en 1976, puis du Centre d’action culturelle de Chelles de 1977 à 1979. Il est ensuite chargé de la création de la Scène nationale de la Guadeloupe (1980–1982), avant de devenir directeur-fondateur de la Maison de la culture de Nantes (1982–1983), puis directeur du Centre de recherche pour le développement culturel à partir de 1984.
En 2000, il fonde et dirige le Lieu unique à Nantes. Il devient ensuite directeur de la Société publique locale (SPL) Le Voyage à Nantes, projet culturel dédié à la promotion de Nantes Métropole. En 2014, il est nommé président de la Mission nationale d’art et de culture dans l’espace public (MNACEP) au ministère de la Culture.
Jean Blaise est également à l’origine de nombreuses manifestations culturelles, parmi lesquelles le festival Les Allumées, le Festival de Hué au Vietnam, la Nuit Blanche à Paris (2002 et 2005) et, en 2007, la biennale d’art contemporain Estuaire. Depuis 2015, il est également directeur artistique des célébrations du 500e anniversaire du Havre.
Alain Caillé est professeur émérite de sociologie à l’Université Paris Ouest-Nanterre. Il est le directeur-fondateur de La Revue du MAUSS (Mouvement anti-utilitariste en science sociale), qui, dans le sillage du célèbre Essai sur le don de Marcel Mauss (1925), critique la tendance dominante en sciences sociales ainsi qu’en philosophie morale et politique à ne considérer les êtres humains que comme des individus séparés les uns des autres, mutuellement indifférents et calculateurs.
Son dernier ouvrage paru est Extensions du domaine du don. Demander – donner – recevoir – rendre (Actes Sud, septembre 2019).
Alain Caillé est par ailleurs l’un des animateurs du Mouvement des convivialistes. Son dernier texte paru, Internationale convivialiste, Second manifeste convivialiste. Pour un monde post-néolibéral (Actes Sud, février 2020), a été signé par 300 personnalités intellectuelles et militantes issues de 33 pays.
Jakob Kudsk Steensen a été en résidence à LUMA Arles de janvier à juin 2020.
Né en 1987 à Copenhague au Danemark Jakob Kudsk Steensen est un artiste qui travaille à une narration environnementale par le biais d’animations 3D et d’installations immersives et sonores. Il crée des interprétations poétiques de phénomènes naturels méconnus en collaborant avec des biologistes de terrain, des compositeurs et des écrivains. Ses projets s’appuient sur un travail de terrain approfondi. Parmi ses complices figurent, entre autres, le compositeur et directeur musical du Philip Glass Ensemble Michael Riesman, l’ornithologue et auteur Douglas H. Pratt, l’architecte Sir David Adjaye OBERA, BTS, le laboratoire d’ornithologie de Cornell et le Musée d’histoire naturelle de Londres. L’œuvre de Kudsk Steensen a récemment été exposée à la Biennale de Venise, aux galeries Serpentine à Londres, au PinchukArtCentre, à MATADERO à Madrid, au Tranen Contemporary Art Center, chez Pylon-Hub, lors de SXSW au BRIC à Brooklyn, à la Vème Biennale d’art et de technologie de Trondheim, au musée Carnegie, au MAXXI à Rome, au FRIEZE à Londres, et chez OK Corral, entre autres institutions et festivals. Kudsk Steensen était récemment artiste en résidence à LUMA Arles, où il a documenté les phénomènes liés aux algues et à la cristallisation dans le delta de Camargue.
Matthieu Léglise est historien de l’art, spécialiste de la peinture des XIXe et XXe siècles. Il a consacré ses recherches aux formes de réception et d’interprétation de l’art moderne, notamment autour de la figure d’Édouard Manet.
Il soutient en 2018, à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, une thèse de doctorat intitulée Manet après Manet : le spectre du moderne (1900-1960), consacrée aux réceptions critiques et visuelles de l’œuvre de Manet au XXe siècle. Cette recherche s’inscrit plus largement dans son intérêt pour l’histoire de l’art des XIXe et XXe siècles.
Parallèlement à ses activités de recherche, Matthieu Léglise travaille au sein de l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), où il a exercé les fonctions d’assistant scientifique auprès du directeur général et de chargé du développement culturel. Dans ce cadre, il a notamment participé à la programmation et au développement d’activités de l’institution. Il a ainsi contribué, avec Victor Claass, à la programmation des célébrations des vingt ans de l’INHA en 2021-2022.
Son activité comprend également une dimension éditoriale. Matthieu Léglise est corédacteur en chef de la revue Perspective. Actualité en histoire de l’art, aux côtés de Marine Kisiel. La revue, publiée par l’INHA, est consacrée à l’actualité de la recherche internationale en histoire de l’art. Il a notamment codirigé plusieurs numéros de la revue, dont Transports (2022-1) et Raconter (2022-2), et a participé à la direction éditoriale du numéro Autonomie (2024-1).
Il a également une expérience dans le domaine de l’exposition. En 2016, il a notamment été commissaire de l’exposition « Moïse, figures d’un prophète », présentée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.
Ses travaux et publications portent principalement sur l’art des XIXe et XXe siècles, ainsi que sur les questions liées à la réception des œuvres et à l’histoire de l’art moderne. Son parcours se situe ainsi à la croisée de la recherche en histoire de l’art, de l’édition scientifique, de la programmation culturelle et du développement d’activités institutionnelles.