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LUMA Days #5 / Recomposer : Itinéraires pour des mondes possibles

Sous le titre Recomposer : Itinéraires pour des mondes possibles, l’édition 2021 des LUMA Days propose une réflexion sur les manières de naviguer et de tracer des trajectoires au sein de réalités en constante évolution. Il s’agit de repenser nos façons d’habiter le monde, d’utiliser les ressources et de réinventer les formes de l’action collective.

À la suite des bouleversements des douze derniers mois, les interrogations sur les voies possibles pour l’avenir se sont multipliées. Mais que signifie relancer la machine économique si cela revient à poursuivre, coûte que coûte, une logique de croissance infinie dans un monde aux ressources limitées ? Dans ce contexte, la notion de recomposition apparaît comme une alternative à celle de la relance. Les LUMA Days réunissent ainsi artistes, penseur·ses, scientifiques et publics afin d’explorer ce concept, d’imaginer de nouveaux récits et de nouvelles formes d’échange, et d’ouvrir des perspectives sur les futurs possibles.

Dans ce processus de recomposition, quels outils avons-nous à notre disposition pour accéder durablement aux ressources ? Comment élaborer de nouvelles idées, de nouveaux objectifs et de nouvelles croyances alors que les systèmes de référence se sont profondément transformés ?

Comment recréer des communautés lorsque les liens qui les unissent se dissolvent et que le sentiment de désorientation s’installe ? Comment redéfinir nos responsabilités – éthiques, sociales et environnementales – dans un monde interconnecté, à l’heure où les enjeux écologiques et socio-politiques se font toujours plus pressants ?

La recomposition implique le changement. Elle peut être comprise comme un processus dans lequel la décomposition d’un élément enrichit, voire nourrit, un autre. À ce moment charnière, dans un monde fragile, les LUMA Days proposent des perspectives culturelles croisées et des bifurcations à travers des modes de vie qui semblent parfois incommensurables, afin de réinventer nos récits et d’élargir nos champs d’investigation.

Les LUMA Days se sont tenus à Arles du 16 au 18 septembre 2021. La première journée était consacrée à des ateliers autour du développement territorial durable et apprenant, tandis que les deux journées suivantes adoptaient une approche plus spéculative des enjeux contemporains. Les discussions se sont articulées autour de trois thématiques : Recomposer, avec quelles ressources ? (jour 1), Recomposer la transmission des savoirs (jour 2) et Recomposer des mondes pluriels (jour 3).

Conçu et organisé par Maria Finders, Martin Guinard et Hans-Ulrich Obrist.

LUMA Days #5 visuel

Jeudi 16 septembre 2021 : Recomposer, avec quelles ressources ? 

Quelles ressources sont disponibles pour le développement d’un territoire durable ? Voici la question qui traverse la première journée des LUMA Days consacrée au développement territorial. Car il s’agit bien d’un exercice de recomposition au sens de concilier les impératifs économiques, écologiques et sociaux.

L’objectif de cette journée est de dresser un état des lieux des ressources existantes, qu’elles soient matérielles, financières, culturelles et humaines en prenant en compte d’une volonté collective de valorisation des richesses disponibles localement.

  • 18h00 : Rapport d'étonnement
    Avec Silvie Aries (écrivaine), Joël Rumello (écrivain), Laetitia Sariroglou (journaliste) et Philippe Thuru (écrivain). Lu par Claude Lecat (comédienne).

  • 18h15 : Renversement des rôles dans l'usage des ressources : une perspective égyptienne
    Par Lina Alorabi, fondatrice de The New Egyptian.

  • 18h35 : Présentation
    Par Philippe Bihouix (directeur général de l'AREP).

  • 18h45 : Géopolitique des métaux rares
    Par Guillaume Pitron (journaliste d'investigation).

  • 19h00 : L'énergie : une histoire sans transition
    Par Jean-Baptiste Fressoz (historien des sciences, des techniques et de l'environnement).

  • 19h20 : Recomposer, avec quelles ressources ?
    Avec Philippe Bihouix, Jean-Baptiste Fressoz et Guillaume Pitron.
    Modération : Maria Finders (co-curatrice des LUMA Days).

Vendredi 17 septembre 2021 : Recomposer la transmission des savoirs

La définition et la transmission des savoirs sont en pleine mutation. Comment transmettre des savoirs aujourd’hui, au-delà des préoccupations pédagogiques classiques dans un contexte de généralisation de l’enseignement distanciel, des bouleversements liés à l’émergence de l’intelligence artificielle ou encore du développement des formations continues tout au long de la vie professionnelle ? Recomposer la transmission des savoirs passe d’abord par une réflexion sur les manières d’accueillir ces derniers. Les discussions sur la transmission horizontale plutôt que verticale continuent à occuper une partie importante des réflexions pédagogiques. Cependant comment réconcilier cette horizontalité avec la fiabilité des informations à l’heure des fake news ?

Cette journée permettra une exploration avec divers intervenants - qu’ils soient botanistes, enseignants ou artistes - et des manières décloisonnées de faire émerger des façons de connaître le monde et de constituer un champ d'apprentissage basé sur l'échange et la transmission.

  • 10h00 : Introduction des LUMA Days
    Par Maja Hoffmann (fondatrice, LUMA).

  • 10h00 : Pour une nouvelle géographie
    Par Grégory Quenet (historien de l'environnement).

  • 10h30 : La Plateforme, une école du numérique à Marseille
    Par Cyril Zimmermann (entrepreneur de l’économie numérique, président de La Plateforme).

  • 11h15 : L'École des mutants : Université des futurs africains
    Avec Olivia Anani (co-directrice du département Africa + Art Moderne et Contemporain, Piasa), Hamedine Kane (réalisateur, artiste) et Stéphane Verlet-Bottéro (artiste, ingénieur de l'environnement, curateur).
    Modération : Martin Guinard (co-curateur des LUMA Days).

  • 11h45 : Les Vaillants
    Conversation avec Sara Sadik (artiste), Malaa (rappeur) et Julie Boukobza (responsable des résidences, LUMA Arles).

  • 14h30 : L'exploration des controverses du lycée au supérieur
    Par Nicolas Benvegnu (directeur du programme METIS, Sciences Po).

  • 14h50 : Les startups de l'économie circulaire : opportunités, défis et besoins – Des exemples provenant d'Égypte
    Par Heba Labib (directrice du Centre pour l’innovation, entrepreneuriat et compétitivité, Université du Nil, Égypte).

  • 15h10 : Le monde rural : lieu et modèle du partage des savoirs
    Avec Jean Rakovitch (directeur pédagogique de l’École du Domaine du Possible) et Émilie Rousselou (directrice de l’Université du Domaine du Possible et fondatrice de la ferme Spiruline arc-en-ciel).

  • 15h40 : Le monde rural : lieu et modèle du partage des savoirs
    Avec Gianfranco Baruchello (artiste, fermier).
    Modération : Hans Ulrich Obrist (conseiller sénior, LUMA Arles).

  • 16h15 : Le monde rural : lieu et modèle du partage des savoirs
    Avec Maurizio Rossi (co-fondateur de H-FARM et président de H for Human Foundation) et Audrey Bourolleau (fondatrice du Campus Hectar).
    Modération : Nicolas Benvegnu (directeur du programme METIS, Sciences Po).

Samedi 18 septembre 2021 : Recomposer des mondes pluriels 

Les questions autour des manières d’habiter le monde se posent de manière particulièrement pressante de nos jours. Ces préoccupations débouchent sur un ensemble de réflexions sur les façons de «faire » des mondes, c’est-à-dire d’accueillir des conceptions différentes des rapports entre les humains et leur environnement. Admettre qu’il puisse y avoir plusieurs mondes, c’est accepter que les représentations qu’on se donne de celui-ci peuvent changer, et que le type d’actions possibles au sein de ce dernier peuvent être modifiées en conséquence. Car comme l’affirme Philippe Descola, à l'issue de ses recherches anthropologiques « on ne voit que ce qu’on a appris à voir ». Cette journée, à travers des interventions d'anthropologues, de physiciens, d’artistes et de philosophes, tentera d’explorer les conséquences de cette pluralité des mondes à construire.

  • 10h00 : Remember : An Opening Oracle
    Par Alexis Pauline Gumbs (artiste).
    Modération : Hans Ulrich Obrist (conseiller sénior, LUMA Arles).

  • 10h30 : L'autre de la pensée
    Par Manthia Diawara (écrivain, cinéaste).

  • 11h00 : Les formes du visible
    Par Philippe Descola (anthropologue).

  • 11h30 : Restituer l'anthropologie : une question politique
    Par Nastassja Martin (anthropologue).

  • 12h00 : Recomposer des mondes
    Avec Philippe Descola (anthropologue), Nastassja Martin (anthropologue) et Eliza Levy (réalisatrice).
    Modération : Martin Guinard (co-curateur des LUMA Days).

  • 14h00 : Mass (17')
    Par June Balthazard & Pierre Pauze.

  • 14h15 : Quel monde, à quelle échelle ?
    Avec June Balthazard (artiste), Pierre Pauze (artiste) et Chiara Mariotti (physicienne des particules élémentaires au CERN).
    Modération : Hans Ulrich Obrist et Martin Guinard.

  • 14h45 : Mondes réels / Mondes virtuels
    Par Daniel Birnbaum (directeur et curateur, Acute Art).

  • 15h00 : Relance ?
    Analyse et opinion critique avec Laurent Fonbaustier (chercheur en droit de l'environnement), Philippe Rahm (architecte), Hélène Tordjman (économiste) et François Vatin (sociologue).
    Modération : Sylvain Bourmeau (directeur, AOC Média).

  • 16h00 : LUMA ABCD
    Avec Maja Hoffmann (fondatrice, LUMA), Vassilis Oikonomopoulos (directeur des expositions et des programmes, LUMA Arles), Tom Eccles (conseiller sénior, LUMA Arles) et Hans Ulrich Obrist (conseiller sénior, LUMA Arles).
Olivia Anani

Olivia Anani

Olivia Anani est née à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Formée en études asiatiques et en art contemporain sur trois continents, elle a travaillé chez Sotheby’s, Phillips et Christie’s avant de rejoindre PIASA en tant que co-directrice du département Afrique + Art moderne et contemporain. Chercheuse, auteure et commissaire d’exposition, elle a collaboré avec les Biennales de Taipei, Dakar et Kampala, le Zajia Lab à Pékin, l’Institut national d’histoire de l’art, le Centre Pompidou, la Fondation Gulbenkian et Columbia University–Reid Hall à Paris. Membre du conseil d’administration des Amis du Palais de Tokyo depuis 2013, elle a siégé au jury du Prix des Amis 2018, qui soutient de jeunes artistes à l’occasion de leur première grande exposition institutionnelle. Spécialiste du marché de l’art, elle s’intéresse à la manière dont les ventes aux enchères peuvent mettre en lumière des figures et des récits de l’histoire de l’art longtemps négligés. Elle a contribué à la vente de chefs-d’œuvre de Francis Bacon, Alberto Giacometti, Nicolas de Staël, Cy Twombly, Mark Rothko, Jean-Michel Basquiat, Bodys Isek Kingelez, Barthélémy Toguo et Seydou Keïta, ainsi qu’à des projets de prêt et d’acquisition pour des institutions telles que le musée du Louvre et le Louvre Abu Dhabi.

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June Balthazard

June Balthazard réalise des films hybrides, confrontant notamment le documentaire à des formes plus éloignées du réel. En ce sens, ses films sont empreints d’un réalisme magique. Son travail a été montré dans des musées tels que le Taipei Fine Arts Museum, des centres d’arts tels que Les Tanneries et La Ferme du Buisson, ainsi que dans des festivals internationaux : le Festival du film de Melbourne en Australie, le Festival de Busan en Corée du Sud, Go Short aux Pays-Bas, les RIDM au Canada ou Visions du réel en Suisse, où elle a reçu le prix Opening Scenes en 2018.
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Gianfranco Baruchello

Gianfranco Baruchello né le 29 août 1924 à Livourne est un artiste italien, à la fois peintre, poète et cinéaste. Partenaire de Marcel Duchamp, très proche de Gilles Deleuze et Jean-François Lyotard, Baruchello a fait partie de l'avant-garde artistique post-moderne.
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Neïl Beloufa

Neïl Beloufa (né en 1985 à Paris) est un artiste franco-algérien qui vit et travaille à Paris. À travers sa pratique, il interroge la société et ses enjeux par le biais de différents médiums : films, sculptures et installations. Nommé au prix Marcel-Duchamp en 2015, son travail a fait l’objet d’expositions monographiques en France et à l’international, notamment au K11 (Shanghai), au MoMA (New York), à l’Institute of Contemporary Arts (Londres), au Hammer Museum (Los Angeles), au Palais de Tokyo (Paris), au Pirelli HangarBicocca (Milan), et à Secession (Vienne). Il a pris part à la Biennale d'art contemporain de Lyon, en 2013, à la Biennale d'art contemporain de Shanghai, en 2014, ainsi qu'à la Biennale de Venise, en 2013 et en 2019.
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Nicolas Benvegnu

Nicolas Benvegnu est sociologue au médialab de Sciences Po. Ses recherches portent sur les savoirs élaborés et mobilisés par une diversité d'acteurs pour dessiner des trajectoires de transition écologique. Il dirige le projet METIS, un projet de formation interdisciplinaire qui a créé de nouveaux diplômes en sciences et sciences sociales. Il a précédemment dirigé avec Bruno Latour le programme Forccast, initiative d'excellence en formations innovantes (ANR, 2012 - 2020), un programme consacré au développement de cultures scientifiques par l'analyse des controverses.
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Philippe Bihouix

Philippe Bihouix a travaillé comme ingénieur-conseil ou dirigeant dans différents secteurs industriels, en particulier les transports et la construction, avant de rejoindre le groupe AREP, agence d’architecture pluridisciplinaire et filiale de la SNCF, comme directeur général. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la question des ressources non renouvelables et des enjeux technologiques associés, en particulier L’Âge des low tech. Vers une civilisation techniquement soutenable (Seuil, 2014 ; Points, 2021) et Le bonheur était pour demain. Les rêveries d’un ingénieur solitaire (Seuil, 2019).
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Daniel Birnbaum

Daniel Birnbaum est directeur d’Acute Art, à Londres, un laboratoire dédié à l’art et la technologie. Il est professeur de philosophie à la Städelschule de Francfort et auteur de nombreux ouvrages sur l’art et la philosophie. De 2000 à 2010, il a été recteur de la Städelschule de Francfort et directeur de sa galerie Portikus. Il a été membre du conseil d’administration de l’Institut für Sozialforschung de Francfort, ainsi que de Nobel Media, qui organise toutes les soirées et productions liées au prix Nobel. Entre 2010 et 2018, il a été directeur du Moderna Museet à Stockholm. Il a été co-commissaire de la 50e Biennale de Venise (2003), de la 1re Biennale de Moscou (2005), d’Airs de Paris (avec Christine Macel) au Centre Pompidou (2007), et de la 2e Triennale de Yokohama (2008). Il a signé « 50 Lunes de Saturne » à Turin (2008), et « Zero » (avec Tijs Visser) au Martin Gropius Bau (2015). En 2009, il a été directeur de la 53e Biennale de Venise. Il contribue à la rédaction d’Artforum. Parmi ses projets les plus récents figurent l’exposition en réalité virtuelle « Electric » (Frieze New York, 2019) et les expositions en réalité augmentée « Mirage » (2020) à l’UCCA de Pékin et « The Looking Glass » (avec Emma Enderby) au Shed and High Line de New York (2021).
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Philippe Descola

Philippe Descola est un anthropologue français. Après des contributions à l’ethnologie de l’Amazonie, fondées notamment sur des enquêtes parmi les Jivaros achuar, il se consacre depuis plusieurs années à l’anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains et, plus récemment, à l’anthropologie des images. Professeur émérite au Collège de France, il est notamment l’auteur de La Nature domestique (Paris, 1986), Les lances du crépuscule (Paris, 1993), Par-delà nature et culture (Paris, 2005), Diversité des natures, diversité des cultures (Paris, 2010), L’écologie des autres (Paris, 2011), La Composition des mondes (Paris, 2014), Une Écologie des relations (Paris, 2019), Les Formes du visible (Paris, 2021). Il obtient la Médaille d’or du CNRS en 2012. Philippe Descola est membre de la British Academy et de l’American Academy of Arts and Sciences.
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Jean-Baptiste Fressoz

Jean-Baptiste Fressoz est historien au CNRS et à l’EHESS. Il s’intéresse à l’histoire de la crise environnementale contemporaine. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont l’Apocalypse joyeuse. Une histoire du risque technologique, Paris, Le Seuil, 2012 ; l’Événement Anthropocène, La terre, l’histoire et nous, Paris, Le Seuil, 2016 (avec C. Bonneuil) et, plus récemment, Les révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique XVe-XXe siècles (avec F. Locher). Il travaille actuellement sur l’histoire des symbioses énergétiques et matérielles aux XIXe et XXe siècles.
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Alexis Pauline Gumbs

Alexis Pauline GUMBS est une féministe noire et queer prêchant l’évangile de l’amour et la cousine en herbe de toute forme de vie. Elle a/Elles ont écrit plusieurs livres, dont, tout récemment, Insubmersion. Ce que le féminisme noir doit aux mammifères marins. Elle a cofondé le Mobile Homecoming Trust, une bibliothèque vivante dédiée à l’enrichissement intergénérationnel du génie LGBT noir.
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Hamedine Kane

Hamedine Kane est un artiste et réalisateur sénégalais et mauritanien. Il vit et travaille entre Bruxelles et Dakar. Dans son œuvre, Kane aborde les frontières, non pas comme des signes et des facteurs d’impossibilité, mais comme des lieux de passage et de transformation, comme un élément central dans la conception d’une identité itinérante. Après dix ans d’exil en Europe, sa pratique artistique se concentre désormais sur les thèmes de la mémoire et de l’héritage. Cet aspect de son travail s’incarne dans L’École des mutants, un projet de recherche en collaboration avec Stéphane Verlet-Bottéro. Dans les œuvres de Kane, ces thèmes se mêlent au passé et au futur, transgressant et irriguant les limites de l’espace et du temps. En 2020, Kane a participé à la Biennale de Taipei, à la Biennale de Casablanca et à diverses expositions dans le cadre de la saison Africa2020 en France. Son film La Maison bleue, qui a été présenté en première mondiale à l’IDFA d’Amsterdam en novembre 2020, a reçu une mention spéciale du jury.
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Chiara Mariotti

Chiara MARIOTTI est une physicienne des particules élémentaires. Elle construit des détecteurs et effectue des recherches sur le boson de Higgs à l’accélérateur LHC du CERN. Elle a occupé des postes de direction dans des expériences au LEP et au LHC. Elle a fondé le groupe de travail LHC Higgs Cross Section, composé de physiciens et de théoriciens, ce groupe a été essentiel dans la découverte et les mesures du boson de Higgs. Elle est également musicienne et a coordonné un groupe scientifique et artistique où elle joue de la flûte lors d’événements de sonification. Elle a obtenu le Prix Emmy Noether Distinction pour les femmes en Physique, de la Société Européenne de Physique (EPS) en 2018.
@ Mathieu Génon - Reporterre

Nastassja Martin

Nastassja Martin est anthropologue, titulaire de la chaire de professeur·e junior « Habitabilité de la Terre et transitions justes » (ISJPS, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2023-2026). Formée à l’EHESS sous la direction de Philippe Descola, elle a consacré sa thèse aux Gwich’in, chasseur·euses-cueilleur·euses du nord-est de l’Alaska, à l’origine de son premier essai, Les Âmes sauvages : Face à l’Occident, la résistance d’un peuple d’Alaska (La Découverte, 2016).

Ses recherches développent une anthropologie comparée des réponses aux crises environnementales, attentive aux cosmologies autochtones subarctiques. Après l’Alaska, elle a enquêté chez les Even du Kamtchatka, dont les modes d’existence ont été recomposés par la colonisation soviétique puis l’extractivisme contemporain. Ce travail a donné À l’est des rêves : Réponses even aux crises systémiques (La Découverte, 2022), où rêves performatifs et récits mythiques dialoguent avec logiques coloniales et dérèglement écologique, ou encore Croire aux fauves (Verticales, 2019).

Sa chaire actuelle prolonge ces recherches, notamment via une enquête sur l’hydrogène vert au Chili.

 

Portrait Hans Ulrich Obrist - Small

Hans Ulrich Obrist

Hans Ulrich Obrist (né en 1968 à Zurich, Suisse) est directeur artistique des Serpentine Galleries à Londres et conseiller sénior à LUMA Arles. Auparavant, il était conservateur au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Depuis sa première exposition World Soup : The Kitchen Show en 1991, il a été curateur de plus de 350 expositions. Les publications récentes d'Obrist comprennent Ways of Curating (2015), The Age of Earthquakes (2015), Lives of the Artists, Lives of Architects (2015), Mondialité (2017), Somewhere Totally Else (2018), The Athens Dialogues (2018), Maria Lassnig : Letters (2020), Entrevistas Brasileiras : Volume 2 (2020), et 140 idées pour la planète Terre (2021).

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Pierre Pauze

Pierre Pauze développe des protocoles d’installation et de vidéo proches de la culture cinématographique. Lauréat du prix Révélation Art numérique art vidéo de l’ADAGP en 2019, du prix Agnes B en 2016 et du prix Artagon en 2015. Son travail a été exposé dans des institutions telles que la Grande halle de la Villette, la fondation Brownstone, le Carreau du temple et les Magasins généraux à Paris ou encore à l'international dans le Musée Es Baluard à Palma de Majorque ou le K Museum of Contemporary Art à Séoul.
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Guillaume Pitron

Guillaume Pitron est journaliste et réalisateur. Il a publié en 2018 le livre La guerre des métaux rares – La face cachée de la transition énergétique et numérique (Éditions LLL). Des terres rares chinoises au pétrole extrait en Alaska en passant par la gomme arabique soudanaise, il accorde une place importante aux matières premières et aux enjeux économiques, politiques et environnementaux liés à leur exploitation. Ce fil rouge thématique se double d’une cohérence géographique : le continent africain, et en particulier l’Afrique du Sud, où il a été correspondant de presse. À ce jour, Guillaume est l’auteur d’une centaine de reportages, enquêtes et documentaires, réalisés dans une quarantaine de pays. Il est lauréat de 14 prix français et étrangers, dont le prix Erik Izraelewicz de l’enquête économique, le prix du livre d’économie 2018 et le grand prix BFM Business du livre d’économie.
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Hashim Sarkis

Hashim Sarkis est architecte, éducateur et universitaire. Il dirige Hashim Sarkis Studios (HSS), fondé en 1998, avec des bureaux à Boston et à Beyrouth. Il est également doyen de la School of Architecture and Planning du Massachusetts Institute of Technology (MIT) depuis 2015 et a été le directeur/curateur de la Biennale d’architecture de Venise 2021. Avant de rejoindre le MIT, Sarkis était titulaire de la chaire Aga Khan d’architecture paysagère et d’urbanisme à l’université Harvard. Les projets architecturaux et urbains de HSS comprennent des logements abordables, des maisons, des parcs, des bâtiments institutionnels, des aménagements urbains et des plans d’urbanisme. HSS a reçu plusieurs prix pour ses projets, notamment pour le logement des pêcheurs de Tyr, l’hôtel de ville de Byblos et les maisons Courtower. Le travail de sa société a été exposé dans le monde entier, y compris au Museum of Modern Art de New York et aux biennales de Venise, Rotterdam, Shenzhen/Hong Kong et Valparaiso. Il a également fait l’objet de nombreuses publications, dont une monographie publiée par NESS.docs. Sarkis est titulaire d’une licence en architecture et d’une licence en beaux-arts de la Rhode Island School of Design, ainsi que d’une maîtrise et d’un doctorat en architecture de l’université Harvard. Il a écrit, coécrit et édité plusieurs livres et articles sur l’histoire et la théorie de l’architecture moderne, dont The World as an Architectural Project ; Josep Lluís Sert : The Architect of Urban Design ; Circa 1958 : Le Liban à travers les photos et plans de Constantinos Doxiadis ; et Le Corbusier’s Venice Hospital.
Portrait Grégory Quenet

Grégory Quenet

Grégory Quenet est un des pionniers de l’histoire environnementale et des humanités environnementales en France. Depuis 2012, il est professeur en histoire environnementale à l’université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (Paris-Saclay). Fondateur du portail français des humanités environnementales, il a organisé le VIIIᵉ congrès de la European Society for Environmental History à Versailles en 2015. Depuis sa création en 2024, il codirige le département de recherche Humanités environnementales du Collège des Bernardins, où il a été titulaire de la chaire Laudato si’ : Pour une nouvelle exploration de la Terre de 2021 à 2023. Son dernier ouvrage, Histoire de la pensée écologique, est paru aux Presses universitaires de France en mai 2025. Depuis 2021, il est conseiller scientifique du programme Histoire environnementale à LUMA Arles.

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Maurizio Rossi

Maurizio Rossi, rêveur curieux et observateur attentif, est entrepreneur depuis plus de trente ans. Il aime comprendre les styles de vie des gens et leur culture. Il est fasciné par l’impact des technologies sur notre quotidien et notre mode de vie. Pionnier dans le domaine des start-ups et du capital-risque en Italie, Rossi est co-fondateur et co-directeur, depuis quinze ans, de H-FARM, l’une des principales plates-formes d’innovation en Europe. Auparavant, pendant plus de quinze ans, il a été vice-président exécutif des entreprises de son groupe familial, en charge des projets spéciaux et du développement du groupe dans les secteurs du luxe et de l’action-sport. L’entreprise familiale de chaussures a ensuite été rachetée par le leader mondial de luxe LVMH. Rossi a étudié pour devenir capitaine de navire et s’est distingué, dans le monde du sport, en décrochant le titre de champion de course de bateaux offshore. Aujourd’hui, il s’occupe de ses quatre enfants et est toujours prêt pour de nouvelles aventures.
Philippe Dauphin

Estelle Rouquette

Estelle Rouquette est docteure en Histoire de l'art et en archéologie. En tant que directrice adjointe du Parc naturel régional de Camargue, elle organise des projets culturels, de patrimoine, d'architecture, de paysage, d'énergie, d'éducation et de sensibilisation à l'environnement. Elle est également directrice du Musée de la Camargue.
Sara Sadik

Sara Sadik

Sara Sadik a été en résidence à LUMA Arles de mars à juin 2021.

Sara Sadik est née en 1994 à Bordeaux et obtient en 2018 son DNSEP à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux. Elle vit et travaille à Marseille. Elle travaille sur la jeunesse française issue des quartiers populaires et sa culture dont elle documente les arcanes et déconstruit les mythologies sociales, notamment liés à l’adolescence et aux masculinités. Son travail s’exprime dans des vidéos ou des performances, allant du documentaire à la science-fiction en passant par la télé-réalité. Son travail a été présenté dans des expositions collectives notamment à 221 A (Vancouver, 2017), à Karma International (Zurich, 2017), au Open’er Festival (Gdynia, 2017), à Roodkapje (Rotterdam, 2018), à la Wallach Gallery – University of Columbia (New-York, 2019), à la Galerie Édouard Manet (Gennevilliers, 2019), à Triangle France-Astérides (Marseille, 2021), Munchmuseet (Oslo, 2021), aux Magasins Généraux (Pantin, 2021). Ses performances ont été présentées au festival Do Disturb - programmation Triangle France–Astérides (Palais de Tokyo, Paris, 2019) et au festival Parallèle (Frac PACA et Friche Belle-de-Mai, Marseille, 2020). Son travail est également présent dans des collections publiques, notamment au Cnap, au Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, au Frac PACA et au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Elle est représentée par la galerie Crévecœur, Paris.

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Stéphane Verlet-Bottéro

Stéphane Verlet-Bottéro est artiste, écologue et curateur. Il vit et travaille entre Paris, Londres et Dakar. Ses travaux développent des formes collectives d’attention et d'action en lien avec des enjeux d’éducation radicale et de réparation écologique. En 2018, il a initié avec Hamedine Kane The School of Mutants, plateforme d’art et de recherche basée à Dakar dont les travaux ont été exposés dans différentes biennales et centres d’art dans le monde. Il a eu des collaborations institutionnelles avec ZKM (Karlsruhe), Taipei Fine Arts Museum, Institut Kunst (Bâle), Technê Institute (Buffalo), Science Museum (Londres) et dOCUMENTA (13) (Kassel).