Projections de l'été
Autour de son programme d’exposition, LUMA Arles organise une série de projections de films et de vidéos d’artistes à l’auditorium de La Tour.
Ces soirées sont une invitation à approfondir les manières qu’ont chacun et chacune des artistes de travailler la matière filmique, en miroir et en dialogue avec les œuvres montrées dans les expositions.
Informations pratiques
Le billet "toutes expositions" donne accès aux projections.
Accès garanti dans la limite des places disponibles.
Jeudi 27 juillet,
À partir de 17h30
En écho à leurs expositions présentées au Parc des Ateliers, LUMA Arles consacre deux soirées de projection aux travaux de Bouchra Khalili, Shahryar Nashat, Rachel Rose et Sara Sadik.
À 17h30
Artiste : Sara Sadik
Carnalito Full Option
2020, 20' (VO française)
Carnalito Full Option est la deuxième phase de la Hlel Academy, projet en quatre parties qui explore les interactions et les manifestations des émotions chez les adolescents. Hlel Academy est un centre de formation fictif qui accueille les oubliés de l’amour, des hommes au cœur brisé âgés de 16 à 20 ans. Son programme pédagogique repose sur la réhabilitation émotionnelle et sentimentale dans le but de former l’élite des hommes Hlel de demain.
À 17h50
Artiste : Sara Sadik
KHTOBTOGONE
2021, 16' (VO française)
KHTOBTOGONE est le portrait intime de Zine, un jeune homme de 20 ans qui cherche à devenir la meilleure version de lui-même avant de demander sa petite amie en mariage. KHTOBTOGONE dépeint sa vie quotidienne, son histoire d’amour et ses amitiés, mais aussi les montagnes russes émotionnelles, les tourments et les démons intérieurs qu’il doit continuellement affronter pour retrouver son amour-propre et sa confiance en lui. KHTOBTOGONE s’inspire d’histoires réelles et des paroles d’Ahmed Ra’ad Al Hamid et de Brian Chiappetta.

Avec l'aimable autorisation de l'artiste.
À 18h15
Artiste : Rachel Rose
Enclosure
2019, 29' (VO anglaise)
Commandé par LUMA Arles et le Park Avenue Armory, Enclosure se déroule dans le contexte social et politique du mouvement des enclosures — privatisation à grande échelle des terres communales qui a fait passer l’Angleterre du féodalisme au capitalisme, d’un paysage non-pollué à un paysage dramatiquement industrialisé.
Le film suit un clan imaginaire de voleurs de terres, appelé la Famlee et dirigé par Jaccko, un escroc qui manipule les gens pour qu’ils lui cèdent leurs titres de propriété.

Rachel Rose, extrait du film Enclosure, 2019. Vidéo HD; 29'.
Avec l'aimable autorisation de l'artiste, Gladstone Gallery, New York, Bruxelles, and Séoul, et Pilar Corrias Gallery, Londres.
À 18h50
Artiste : Rachel Rose
Wil-o-Wisp
2018, 10' (VO anglaise)
La vidéo Wil-o-Wisp de Rachel Rose est sa première œuvre articulée essentiellement autour de l’action live, qu’elle allie à son travail singulier de montage vidéo afin d’explorer les manières dont les coïncidences et la pratique de la magie influencent le destin d’une femme ordinaire dans l’Angleterre rurale des années 1500 et 1600. Elle situe l'histoire de sa protagoniste Elspeth Blake dans le contexte du mouvement des enclosures, et la privatisation systématique des terres communales en Angleterre, qui a provoqué de violents et tumultueux bouleversements dans la vie agraire.

Rachel Rose, extrait du film Wil-o-Wisp, 2018. Vidéo mono-canal ; 10'.
Avec l'aimable autorisation de l'artiste, Gladstone Gallery, New York, Bruxelles, et Séoul, et Pilar Corrias Gallery, Londres.
À 19h05
Artiste : Shahryar Nashat
Image Is an Orphan
2017, 18' (VO anglaise)
Tout au long de cette œuvre de 18 minutes, une voix s’interroge : « Comment vais-je mourir ? Qui me portera ? Qui ressentira mes séquelles ? » La bande sonore qui l’enveloppe confère à la voix un caractère mélancolique. On ne sait pas si elle appartient à une personne vivante ou si elle parle au nom d’une image qui questionne son propre statut existentiel. Frôlant l’abstraction, les images fourmillent néanmoins de textures naturelles, suggérant ainsi que la frontière entre le numérique et l’organique est floue.

Image Is an Orphan, 2017. (5 + 2 AP) Vidéo HD, couleur, son 18'
Extrait de la vidéo
Vendredi 28 juillet,
À partir de 17h30
À 17h30
Artiste : Bouchra Khalili
Foreign Office
2015, 22' (VO algérienne kabyle, arabe, anglaise et française — sous-titrée en anglais)
Foreign Office se concentre sur la décennie pendant laquelle Alger devient, de 1962 à 1972, la Mecque des révolutionnaires, accueillant les représentants de nombreux mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et des Amériques.
En prenant pour point de départ ce passé oublié de l’ère post-indépendance et de l’internationalisme, Foreign Office invite à réfléchir à l’histoire et sa transmission, et à l’émancipation comme indissociablement liée à la poésie. Le film met en scène deux jeunes Algériens qui « réécrivent » cette histoire à travers des images, la langue et l’oralité, articulant une historiographie définie par le « montage cinématographique » et par la traduction comme formes d’écriture, d’enquête et de d’étude de l’histoire et ses résonances.

Foreign Office, film numérique, 2015, 22', extrait de The Foreign Office Project, 2015, installation mixte composée de film numérique, 15 photographies, sérigraphies.
Avec l'aimable autorisation de l'artiste.
À 17h55
Artiste : Bouchra Khalili
Twenty-Two Hours
2018, 43' (VO anglaise)
Twenty-Two Hours revient sur la visite de Jean Genet aux États-Unis entre mars et mai 1970. Invité par le Black Panther Party, le poète français s’était solidarisé avec le mouvement et ses dirigeants et dirigeantes, qui étaient alors détenu(e)s arbitrairement. Durant les deux mois qu’il a passés aux États-Unis, il a parcouru le pays, appelant inlassablement à la solidarité.
Près de 50 ans plus tard, deux jeunes femmes afro-américaines examinent l’engagement de Genet envers le parti, dans la région même où Genet a prononcé son premier discours public. Parallèlement, Doug Miranda, ancien membre éminent du Black Panther Party qui a participé à l’organisation de la tournée de l’écrivain sur la côte est, raconte ses rencontres avec Genet et son propre engagement envers le parti.

Twenty-Two Hours, film numérique, 2018, 43'.
Avec l'aimable autorisation de l'artiste
À 18h45
Artiste : Bouchra Khalili
The Magic Lantern
2020-2022, 27' (VO arabe, française et anglaise - sous-titrée en anglais)
The Magic Lantern prend comme point de départ The Nero of Amman, une œuvre de Carole Roussopoulos (1945-2009), activiste suisse et pionnière de la vidéo, réalisée à la suite des massacres de réfugiés palestiniens commis par l’armée jordanienne du roi Hussein en 1970. Filmé par Roussopoulos à l’aide d’un Portapak, première caméra vidéo analogique individuelle fonctionnant sur batterie, il n’en restait que 3 minutes.
Dans The Magic Lantern, Khalili essaie d’en retrouver l’essence dans une langue qu’elle décrit comme « trans-arabe [...] mélangeant différents dialectes ». Elle y réactive également l’art de la fantasmagorie, technologie de la fin du xᴠɪɪɪe siècle qui associait des images projetées à des récits vivants pour convoquer des fantômes, et qui a notamment servi à entretenir les mémoires de Robespierre ou de Marat dans l’imaginaire collectif.

The Magic Lantern, film numérique, 2022, 27', extrait de The Magic Lantern Project, 2019-2022. Installation mixte composée de film numérique, 26 sérigraphies, objets, et textiles. Vue de The Magic Lantern à "Between Circles and Constellations'', exposition au Macba, Barcelone. Photo par La Fotografica. Avec l'aimable autorisation de l'artiste.
Samedi 26 août,
À partir de 17h30
À 17h30
Artiste : Theaster Gates
Black Artist Retreat : Reflections on 10 Years of Convening
2023, 1 heure 23 min, VO anglaise
Présenté en première mondiale à la Biennale d’architecture de Venise en 2023, ce film documentaire retrace une décennie de la célèbre Black Artist Retreat (B.A.R.) de Theaster Gates, un projet continu visant à rassembler des artistes à Chicago. Depuis 2013, Gates invite des artistes du monde entier à réfléchir ensemble sur leur pratique, à relever les défis de l’industrie et à promouvoir le mentorat et le partage des connaissances. Le documentaire Black Artist Retreat : Reflections on 10 Years of Convening est ainsi un témoignage sur les rassemblements que Gates a organisés presque chaque année au cours de la dernière décennie pour les artistes noirs. Il explore les potentialités de création d’un espace social par la joie et le rassemblement.

Theaster Gates, "Black Artist Retreat: Reflections on 10 years of Convening", 2023 (video still).
Courtesy of Theaster Gates Studio.
Dimanche 27 août,
À partir de 17h30
À 17h30
Artiste : Theaster Gates
Billy Sings Amazing Grace
2013, 12 min 24 sec, VO anglaise
Dans Billy Sings Amazing Grace, Theaster Gates collabore avec le chanteur de soul Billy Forston lors d’une performance où tous deux chantent « Amazing Grace » dans un auditorium sombre, partageant une interprétation poignante de ce classique. Réalisé en 2013, le film souligne l’importance de la musique et de sa résonance spirituelle et émotionnelle dans le travail de Theaster Gates, un lien qui imprègne l’ensemble de son œuvre et englobe la céramique, l’urbanisme et le travail de l’archive.

Theaster Gates, "Billy Sings Amazing Grace", 2013–14 (video still).
Courtesy of Theaster Gates Studio.
À 17h45
Artiste : Theaster Gates
Gone Are the Days of Shelter and Martyr
2014, 6 min 31 sec, VO anglaise
Poursuivant son exploration de l’interaction entre le son et l’espace, ce film présente Gates et les membres du groupe The Black Monks dans une intervention performative au sein de l’église Saint-Laurent dans le sud de Chicago, pendant sa démolition. The Black Monks est un ensemble musical expérimental fondé par Gates en 2008. Leur musique est enracinée dans la musique noire du Sud, notamment le blues, le gospel et les wailings, mais elle fait aussi écho à des pratiques ascétiques liées aux traditions monastiques orientales. Le groupe a été un fil conducteur dans la pratique artistique de Gates.Gone Are the Days of Shelter and Martyr pleure la perte d’espaces sacrés et appuie leur signification spirituelle dans la durée.

Theaster Gates, "Gone Are the Days of Shelter and Martyr", 2014 (video still).
Courtesy of Theaster Gates Studio.
Photo: Sara Pooley.
À 17h50
Artiste : Theaster Gates
The Flood
2023, 24 min 31 sec, VO anglaise
Ce nouveau film de Theaster Gates mêle des interprétations de gospel par le groupe de Gates, les Black Monks, le chœur des jeunes Uniting Voices Chicago, et les membres des Thompson Community Singers, à des commentaires scientifiques sur l’éventualité du grand déluge biblique et la possibilité d’une extinction géologique massive imminente. La combinaison d’éléments scientifiques et bibliques fait de The Flood une œuvre singulière sur la réalité, scientifique et spirituelle, de la crise climatique. Présenté en avant-première à la Biennale d’architecture de Venise, le film illustre également l’importance de l’engagement social de Gates.

Theaster Gates, “The Flood" (video still), 2023.
Courtesy of Theaster Gates Studio.
Sara Sadik
Sara Sadik a été en résidence à LUMA Arles de mars à juin 2021.
Sara Sadik est née en 1994 à Bordeaux et obtient en 2018 son DNSEP à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux. Elle vit et travaille à Marseille. Elle travaille sur la jeunesse française issue des quartiers populaires et sa culture dont elle documente les arcanes et déconstruit les mythologies sociales, notamment liés à l’adolescence et aux masculinités. Son travail s’exprime dans des vidéos ou des performances, allant du documentaire à la science-fiction en passant par la télé-réalité. Son travail a été présenté dans des expositions collectives notamment à 221 A (Vancouver, 2017), à Karma International (Zurich, 2017), au Open’er Festival (Gdynia, 2017), à Roodkapje (Rotterdam, 2018), à la Wallach Gallery – University of Columbia (New-York, 2019), à la Galerie Édouard Manet (Gennevilliers, 2019), à Triangle France-Astérides (Marseille, 2021), Munchmuseet (Oslo, 2021), aux Magasins Généraux (Pantin, 2021). Ses performances ont été présentées au festival Do Disturb - programmation Triangle France–Astérides (Palais de Tokyo, Paris, 2019) et au festival Parallèle (Frac PACA et Friche Belle-de-Mai, Marseille, 2020). Son travail est également présent dans des collections publiques, notamment au Cnap, au Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA, au Frac PACA et au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Elle est représentée par la galerie Crévecœur, Paris.
Rachel Rose
Shahryar Nashat
Shahryar Nashat a été en résidence à LUMA Arles en 2022 / 2023.
Shahryar Nashat est un artiste suisse qui vit et travaille à Paris. S’intéressant à nos limites physiques et aux possibilités d’extension, il traite les technologies numériques et analogiques – des LED à la pierre et à la résine moulée – comme des prothèses, des accessoires ou des doublures. Il a présenté des expositions personnelles à l’Art Institute of Chicago (2023), au Museum of Modern Art, New York (2020), au SMK-Statens Museum for Kunst, Copenhague, Danemark (2019), au Swiss Institute, New York (2019), à la Kunsthalle Basel, Bâle, Suisse (2017), à Portikus, Francfort, Allemagne (2016), et au Schinkel Pavillon, Berlin (2016).
Bouchra Khalili
